Dans une société où le temps passe de plus en plus vite et où l’efficacité est recherchée à tout prix ou presque, la technologie se taille rapidement une place au coeur de tous les projets de construction. Du travailleur de chantier au personnel de bureau, en passant par les différents partenaires que sont les professionnels, les sous-traitants et les clients, la cueillette d’informations, les échanges et la communication sous diverses formes sont maintenant essentiels à la bonne marche d’un chantier, quelle que soit son envergure.
De plus en plus abordable, la technologie devient maintenant un élément différenciateur entre une entreprise performante et une autre qui l’est moins. C’est pourquoi il importe de se tenir au courant, non seulement de ce qui est disponible aujourd’hui sur le marché, mais aussi de ce qui s’en vient. En effet, une technologie émergente aujourd’hui pourrait rapidement se retrouver entre les mains de votre concurrent, qui en profitera pour se démarquer.
Quand doit-on acquérir une nouvelle technologie? Il ne faut pas se leurrer. L’acquisition d’une technologie comporte des risques non négligeables. D’une part, elle est souvent disponible par le biais de différents fournisseurs et en " diverses saveurs ".
Doit-on choisir d’abord le fournisseur, puis la technologie qu’il propose, ou l’inverse ?
Doit-on favoriser l’achat local ou accepter d’acheter à l’étranger ?
Doit-on se contenter d’une performance moindre à prix modique, si elle répond à nos besoins de base, ou choisir ce qu’il y a de mieux sur le marché ?
Comment détermine-t-on qu’un investissement est rentable ?
Une fois le choix arrêté, puis-je m’occuper de la mise en place ou est-il préférable d’avoir recours à un consultant ?
Comment aborder le projet afin de susciter l’enthousiasme plutôt que la résistance à son endroit ?
Les questions sont nombreuses et méritent qu’on s’y arrête en vue d’assurer le succès du projet d’introduction d’une nouvelle technologie. En effet, une bonne planification du projet et une bonne organisation de travail sont déterminantes pour l’atteinte du succès. Une mauvaise gestion de la question risquerait de contraindre l’entreprise à une stagnation technologique qui la rendrait de moins en moins compétitive.
Cette vision de l’introduction de nouvelles technologies n’est pas étrangère au monde manufacturier. Cette industrie a, depuis longtemps, compris que la croissance ne pouvait passer que par l’efficacité. Tout débuta avec l’introduction de machines plus performantes. Mais l’amélioration des équipements de production fut insuffisante en elle-même. C’est l’optimisation complète de la production par l’amélioration de l’utilisation des ressources et une meilleure gestion du temps qui s’opèrent maintenant progressivement dans l’ensemble de l’industrie. Et pas seulement dans les grandes entreprises. Des technologies de gestion manufacturière, de plus en plus abordables, sont maintenant accessibles aux PME. L’industrie de la construction s’ouvre de plus en plus à cette tendance à l’efficacité, à la performance et à l’amélioration continue. Ce tournant est d’autant plus nécessaire que le personnel compétent et performant devient une denrée rare.
Quels facteurs faut-il prendre en compte lors de la sélection d’une nouvelle technologie ?
Voici une question que tout bon gestionnaire, voire même tout bon visionnaire, doit poser. Voici quelles sont les principales caractéristiques d’une innovation technologique pertinente :
Elle doit être pratique
L’introduction d’une nouvelle technologie
crée nécessairement des changements dans l’entreprise, que ce soit au niveau des
processus de travail, de la charge de travail de certains employés ou au niveau de la
transformation des tâches du personnel. Le résultat final doit impérativement
apporter une amélioration de l’efficacité de l’entreprise, mais,
également, celle des individus. Il est donc nécessaire de faire précéder
l’acquisition par une bonne analyse des processus en place et de déterminer comment la
nouvelle technologie va s’intégrer à ces processus ou va les modifier. Il
convient de faire participer au processus les personnes concernées, pour s’assurer
qu’elles s’approprient le projet et s’y impliquent. Il ne faut jamais oublier que
l’introduction doit se faire simplement et progressivement. Les changements ne peuvent
être forcés.
Elle doit être rentable
Bien que cela puisse souvent s’avérer
difficile, il est important de faire un calcul de retour sur investissement (RSI ou ROI). Comment ?
Le retour se calcule généralement en évaluant les bénéfices ou la
rentabilité accrue suite à l’introduction de la nouvelle technologie en prenant
en compte les coûts d’acquisition et d’introduction.
Les bénéfices peuvent être de plusieurs sortes :
Concernant les coûts, il faut considérer l’ensemble des coûts d’introduction :
Peu importe le coût d’acquisition, l’important est de s’assurer que le retour s’effectuera sur une période de temps raisonnable. Pour certaines entreprises, cela devra se faire à l’intérieur d’une année alors que d’autres seront prêtes à accepter un retour sur quelques années.
Elle doit être « sexy »
Un concept difficile à
définir mais d’une importance capitale. Les utilisateurs d’une nouvelle
technologie doivent éprouver un certain plaisir, une certaine fierté à
l’utiliser. Alors que tout le monde trouve normale l’excitation d’un
opérateur devant une nouvelle machinerie, on ne se préoccupe pas de
l’intérêt d’un usager devant un nouveau logiciel. Pourtant, cela peut faire
une différence majeure dans la motivation à s’approprier ce nouvel outil.
Elle doit être fonctionnelle
Les entreprises ne sont pas des centres de recherche.
Autant que possible, elles doivent adopter une technologie offerte sur le marché et
déjà validée. Par ailleurs, il faut être attentif aux avantages offerts
par certaines technologies émergentes qui peuvent rapidement nous mettre en meilleure posture
face à la compétition. Si leur introduction comporte un risque pour les
opérations de l’entreprise, un avant-projet peut y pallier en permettant de tester la
technologie et de s’assurer de son fonctionnement optimal. Si certains risques demeurent
probables, des mesures de mitigation peuvent être prévues.
Elle doit être simple
Il faut choisir en fonction de la capacité des
utilisateurs visés. Si cette technologie s’avère stratégique pour
l’entreprise, il ne faut pas hésiter à embaucher le personnel compétent
nécessaire à son intégration. La meilleure technologie sera totalement inutile
si les utilisateurs sont incapables de la faire fonctionner.
Elle doit être adaptée à votre industrie
Entre deux choix, il est
toujours préférable de sélectionner une technologie adaptée
spécifiquement à votre industrie plutôt qu’un produit
générique. En effet, les fonctionnalités auront été
pensées spécifiquement pour répondre à vos besoins. Il y a aussi de
fortes chances que ces mêmes fonctionnalités auront été validées
par plusieurs entreprises de votre secteur, assurant ainsi une meilleure adaptation à vos
besoins.
Elle doit avoir un potentiel de pérennité
L’investissement en temps
et argent étant souvent important, on doit avoir une certaine assurance que la technologie
recevra le soutien d’un fournisseur compétent et qu’elle sera
améliorée avec le temps. Tout comme pour un équipement, la maintenance est
cruciale pour espérer tirer les bénéfices attendus d’un tel
investissement.
La question n’est donc pas de savoir si une entreprise doit ou non intégrer de nouvelles technologies dans le cadre de ses opérations mais plutôt quand et comment. Il est donc important de bien jauger la capacité à le faire en fonction des ressources monétaires et humaines disponibles. Il est également important de déterminer la frilosité de l’entreprise face à des problèmes potentiels d’introduction et de faire un choix confortable par rapport à cela
En conclusion, l’introduction d’une nouvelle technologie dans une entreprise est un projet sérieux qui mérite qu’on y accorde la plus grande attention. Consacrez-y tout le temps nécessaire et toutes les énergies requises, comparez les qualités des différentes solutions disponibles, analysez-en l’impact sur vos opérations, et, finalement, engagez dans le processus les personnes qui seront concernées en tenant compte de leur opinion, car la réussite du projet dépendra principalement de leur volonté à en faire un succès.
